40 artistes programmés sur 3 soirs / 15 spectacles dont 6 créations
10 mai
Rencontres du 3e tour
Ouverture
Pascal Picq Paléoanthropologue
Bernard Combi Voix, accordéon
Raphaël Quenehen Saxophone
Fantazio Chant, contrebasse
Benjamin Colin Percussions
Dieudonné Niangouna Texte (Congo)
Qudus Onikeku Danse (Nigeria)
Création
Joëlle Léandre Chant, contrebasse
Serge Teyssot-Gay Guitare
David Fenech Guitares
Jac Berrocal Trompette
Ghédalia Tazartès Chant, accordéon
+ Altaï Kanghaï Chants diphoniques, luths et violons (Mongolie)
Création
10 mai
Rencontres du 3e tour
Quand le paléo-anthropologue Pascal Picq se demande "Qu'est-ce que l'homme ?", une réponse s'impose : "S'il est admis que les deux espèces ont un ancêtre commun, les chimpanzés ne sont pas devenus des hommes; quant aux hommes, il n'est pas certain qu'ils soient devenus humains". Contre toute attente, La Voix est Libre a débusqué une forte concentration d'humanité en la personne de Bernard Combi, parfois désigné comme "le Chaman du Limousin", le "Sorcier Rockcitan" ou "l'Ours des Tavernes". Espèce toute aussi rare, le saxophoniste Raphaël Quenehen porte un éclairage physique et métaphysique sur sa voix lactée venue du fond des âges.
Pendant ce temps, nombre de spécialiste s'interrogent encore sur le specimen étrange qu'est devenu Fantazio au cours de son évolution, sous l'influence mutagène de l'hypercussioniste Benjamin Colin, armé d'ustensiles sonophages laissant cours aux interprétations les plus tintinabulesques. Homo Contrebassis, étape ultime de la création ? Ce serait oublier qu'au temps de Néandhertal, homo sapiens (venu d'Afrique) n'était qu'un parlant parmi d'autres, devant sa survie à un goût prononcé pour le voyage, doublé d'une capacité à se détacher de son milieu naturel peu commune. Arraché au chaos de la guerre par la furie des mots pour l'un, bravant toutes les frontières jusqu'à celles de son propre corps pour l'autre, le congolais Dieudonné Niangouna et le nigérian Qudus Onikeku exhument un chant de liberté dont l'origine échappe à tout contrôle.
Il sort des cavernes humides du rock, elle vient steppes sauvages de la musique improvisée : Serge Teyssot-Gay et Joëlle Léandre prouvent, par une musique sans encre, sans papiers, que toute humanité ne s'offre véritablement qu'en refusant de se soumettre aux modèles dont on l'affuble.
Voici que l'espèce assiste en direct à l'apparition de David Fenech, Ghedalia Tazartes et Jac Berrocal. Leur instrumentarium libère un blues enfoui sous plusieurs couches de terre, de plomb, de chiffres et de béton, unifiant les mystères du jazz aux traditions orales les plus profondes. Une terra incognita bientôt investie par les chants diphoniques prodigieux des chevaliers Mongols d'Altaï Khangaï pour une expédition aux confins du monde sensible.
11 mai
Des contes, des voix
Médéric Collignon Voix, trompette
L’Argent nous est cher
Yves Robert Trombone
Élise Caron Chant
Franck Vaillant Batterie
Stefanus Vivens Claviers, electronique
Christian Paccoud Chant et accordéon
+ Invités
Beñat Achiary Voix chantée
Erwan Keravec Cornemuse
Boris Charmatz Danse
Saul Williams Chant (USA)
Peter Corser Saxophone
Création
11 mai
Des contes, des voix
"Ayez foi dans la confiance ! La r.alisation du r.el selon les potentialit.s du possible ! Notre futur est votre avenir ! Luttez paisible ! Pour un moi massif ! La même chose, autrement !"*
Dans la profusion de programmes et de slogans soumis aux voix plus ou moins libres de nos concitoyens, il semble bel et bien que l'essentiel finisse encore et toujours par leur échapper. A contre‐courant de la stat'mystique et du despote publicitaire, les candidats de cette soirée élect'orale rétorquent par la joie immédiate grâce à la participation directe du plus grand nombre : auditeurs libres, partenaires publics et privés, co‐errants, acrobattants, artivistes, po.litiques et utopistes de tous poils...
Premi.re en lice, la candidate Elise Caron, promue par Yves Robert et son équipe de choc, révèle les notes passées sous silence d'une passion dissonnante et trébuchante entre les milieux de la finance et de l'état. Tenu en embuscade, Médéric Collignon fait souffler les vents de l'insurrection en vue d'un nouveau coup d'éclat. Avec le furieux Franck Vaillant aux baguettes et le fringant Stefanus Vivens aux machines, ne comptons plus sur la moindre économie en matière d'énergie !
"Crache le feu, l'amour et dis ton nom !" Le franc‐crieur Christian Paccoud se passe de promesses inutiles : son festin des coeurs s'offre en abondance . qui veut bien l'entendre. Sur les fronts de la liberté et de l'insoumission, l'état d'urgence est déclamé !
Vital, le programme concocté par Benat Achiary et Erwan Keravec anticipe tout mais ne prévoit rien. Pour ces immenses figures de l'improvisation, enracinées dans les terres basques et bretonnes, la sécurité contraint, l'uni‐formé ment, mais l'inconnu libère, l'étranger apprend les règles du "savoir‐ivre".
Quel que soit le verdict des urnes, Saul Williams, étincelle du slam, Boris Charmatz, feu follet de la danse, et Peter Corser, maître du souffle continu, ne lâcheront rien : quand les artistes prennent le pouvoir, c'est pour mieux nous en libérer !
*Valère Novarina in L'Acte Inconnu
12 mai
Le corps elect’oral
Carawane d'après Hugo Ball par
Frédéric Jouanlong Voix, électronique
Andrea Sitter Danse
Yoann Durant Saxophone
Création
Nosfell Guitares, voix
Audrey Chen Voix et violoncelle (USA)
Création
Le GdRA
Christophe Rulhes Guitares, chant
Julien Cassier Trampoline, danse
Sébastien Barrier Texte, voix
Camille Gaudou Batterie
Création
André Minvielle Voix, percussions
+ Arthur Ribo Slam
+ Benjamin Sanz Percussions et ustensiles
12 mai
Le corps elect’oral
Corps humain, céleste, solide ou liquide, corps diplomatique, bras armés, rêves suspendus, pensées en équilibre, idéaux en chute libre, à quelle sauce allons-nous bientôt être mangés ?
Au festin des humeurs vives, Frédéric Jouanlong n'est pas le plus modéré des convives. Il tire la langue du Dada Hugo Ball pour en extraire la substantifique moëlle, levant le couvercle sur l'un des premiers poèmes entièrement phonétiques de l'histoire (1917). Il l'éructe, le glousse puis le recrache avec la puissance hypnotique d'un discours qu'on imagine révolutionnaire ou fasciste.
À fleur de mots, le corps de ballet d'Andrea Sitter - passé entre les mains expertes de Pina Bausch et de Carolyn Carlson - vole sur les masses d'air soulevées par le sax de Yoann Durant. À la tête, aux pieds, à tous les membres du centre jusqu'aux extrémités : l'État de grâce est déclaré ! Dans ces vapeurs ennivrantes, le corps et la voix élastiques de Nosfell n'ont plus qu'à venir s'entrelacer dans les cordes sensibles de la violoncelliste-vocaliste Audrey Chen. À peine ont-ils fait connaissance que les deux virtuoses se livrent publiquement à une intense étreinte musicale, n'ayant pour seule règle que celle de n'en respecter aucune.
Libre de toute contrainte, la scène se prépare à recevoir la horde du GdRA, résolue à combattre les idées fixes, compétitions virales, basses oeuvres et autres tracs boursiers à grand renfort de rythmes sous hyper-fusion, saltos effervescents, décoction de verbes et autres remèdes favorisant la circulation du courant éclectique. Pour le vocalchimiste André Minvielle, docteur rythmicologue ès phonèmes, scat et onomatopées, auteur de disques de référence (Canto, La vie d'ici-bas...), mieux vaut pouvoir "improviser la vie en toute circonstance, car la vie est presque toujours une improvisation". Être dans le cheminement plutôt que dans la maîtrise, produire de l'infini plutôt que du produit fini. Arthur Ribo n'en pense pas moins, lui qui cuisine ses poèmes avec les mots soufflés par les spectacteurs, finement assaisonnés par les percussions regénérantes de Benjamin Sanz. Face aux langues de bois, ouvrons nos "gueules de voix" !



